Accessibilité

Les 6 défauts qui reviennent sur (presque) tous les audits RGAA

Les 6 défauts qui reviennent sur (presque) tous les audits RGAA

Clélia Pelleteret

Ecrit par

Clélia Pelleteret

Experte UX / UI & Accessibilité

On a beau auditer des sites très différents, les mêmes défauts reviennent encore et encore. Le rapport WebAIM Million le confirme : six catégories concentrent à elles seules 96 % des erreurs détectées sur un million de pages d’accueil¹. On a croisé ces chiffres avec ce que l’on voit vraiment en audit.

Audits RGAA
Audits RGAA

Défaut n°1 : le contraste qui sacrifie la lisibilité au style

C'est le défaut le plus répandu au monde, 83,9 % des pages ont un contraste de texte insuffisant, en hausse par rapport à l'année précédente¹. Le RGAA exige un ratio de 4,5:1 pour le texte courant. En dessous, le texte devient difficile à lire pour une personne malvoyante et franchement pénible pour tout le monde en plein soleil ou sur un écran mal calibré.

On en parlait déjà dans notre premier article sur l’accessibilité web : le gris clair sur fond blanc est une tendance de maquette, pas une bonne pratique. Ce chiffre le confirme à grande échelle.

Mon conseil UI : On assombrit un gris de quelques nuances, on éclaircit un fond, et souvent personne ne remarque la différence visuellement... sauf que le site devient lisible pour beaucoup plus de monde.

Défaut n°2 : les liens qui ne disent rien

46,3 % des pages contiennent des liens vides ou dépourvus d'intitulé compréhensible¹. Un lien dont l'intitulé ne permet pas de deviner où il mène, par exemple avec des liens classiques comme :

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De base ce genre d'intitulé pose déjà un souci, même sans naviguer au lecteur d'écran. Dès que le lien est sorti de son contexte immédiat (repris dans un résumé, une liste, un aperçu de recherche), personne ne sait vraiment où il mène. Pour une personne qui utilise un lecteur d'écran, le problème est juste amplifié, beaucoup naviguent de lien en lien via une liste dédiée, complètement détachée du texte autour. Une page pleine de « cliquez ici » devient alors une liste de portes sans étiquette qui est compliqué à trier.

Mon conseil : un test simple à faire avant un audit, c'est d'extraire tous les intitulés des liens d'une page et de les lire d'affilée, sans le reste du texte. Si vous ne pouvez pas deviner où mène chaque lien juste avec son intitulé, ce n'est pas accessible. Et en général, ce test révèle aussi un problème d'UX pur : même un utilisateur qui voit très bien scanne une page de la même façon, sans tout lire.

Défaut n°3 : des formulaires sans étiquette

51 % des pages ont au moins un champ de formulaire sans label associé¹. Un champ peut pourtant sembler parfaitement clair à l’écran, avec son intitulé juste au-dessus ou à côté. Si les deux ne sont pas correctement associés dans le code, un lecteur d’écran annoncera simplement « champ de texte », sans indiquer ce qu’il faut y renseigner. Pour une personne qui remplit le formulaire au clavier et avec un lecteur d’écran, ça devient vite compliqué.

Ce qu'on voit en audit : ce défaut touche autant les formulaires bâclés que les formulaires visuellement très soignés, parce qu'il ne se voit jamais à l'écran seulement dans le code source. Un designer ou un chef de projet peut valider une maquette impeccable sans jamais se rendre compte que le lien entre l'étiquette et le champ n'existe pas techniquement. C'est typiquement le genre de défaut qu'un audit fait remonter, quel que soit le niveau de finition apparent du site.

Défaut n°4 : des pages sans squelette

Un cabinet d'expertise français en accessibilité, Temesis, a documenté les mêmes défauts qui reviennent systématiquement sur les sites audités, même ceux qui affichent un bon taux de conformité apparent. L’absence d'éléments structurants comme les zones d'en-tête, de contenu principal ou de pied de page et l'absence d'identification claire de ces zones pour les technologies d'assistance.

Une page peut avoir une apparence parfaitement structurée tout en étant mal structurée dans son code. Les titres peuvent avoir été choisis uniquement pour leur apparence visuelle (ça arrive encore bien trop souvent !), sans respecter la hiérarchie du contenu. Les grandes zones de la page (navigation, contenu principal, pied de page, etc.) peuvent également ne pas être correctement identifiées pour les technologies d'assistance.

Ce défaut est bien sûr totalement invisible à l'écran, sinon ça serait trop simple. Votre site peut donc être magnifique, mais complètement dépourvu de squelette en dessous.

Mon conseil UI : une hiérarchie de titres, ce n'est pas une question de taille de police, c'est une question de logique de contenu. Le titre H2 sert à dire « ceci est une sous-partie de la section au-dessus », pas « ce texte doit être un peu plus gros que le paragraphe ». Si votre grille de styles et votre structure sémantique sont pensées séparément, vous allez droit vers ce défaut.

Défaut n°5 : des images qui ne disent pas ce qu'elles montrent

53,1 % des pages ont des images porteuses d'information sans alternative textuelle¹. Une infographie, un graphique, un logo cliquable sans description : autant de contenus totalement invisibles pour un utilisateur de lecteur d'écran. Le défaut symétrique existe aussi, et Temesis le retrouve tout aussi souvent en audit : des images purement décoratives (un logo dans l'en-tête, une icône), présentes mais mal neutralisées, qui se retrouvent lues à voix haute pour rien et polluent la navigation³.

Ce que la statistique ne capture pas, c'est la qualité de l'alternative quand elle existe. Un alt="image" passe le test technique haut la main... et n'apporte strictement rien à qui l'entend.

Mon conseil : décrivez l’information apportée par l’image, pas l’image elle-même. alt="graphique" ne sert à rien ; si le graphique montre une hausse de 30 % des ventes, c’est cette information qui compte. Et si l’image est purement décorative, elle n’a tout simplement pas besoin d’être annoncée.

Défaut n°6 : pas de raccourci pour sauter la navigation

Seulement 17,1 % des pages dans le monde ont un lien d'évitement et, parmi elles, une sur dix en a un qui ne fonctionne pas¹. Ce lien, généralement invisible, apparaît lorsqu’on navigue au clavier avec la touche Tab. Il permet d’aller directement au contenu principal sans avoir à parcourir tout le menu à chaque nouvelle page.

Bonne nouvelle, c’est plutôt simple à corriger : quelques lignes de HTML peuvent suffire pour l’ensemble du site.

Ce qu’on voit en audit : avant ma certification, je ne savais même pas que ce lien existait, encore moins qu’il faisait partie des critères du RGAA (et je suis loin d’être le seul). C’est un défaut qu’on retrouve souvent simplement parce que peu de personnes connaissent ce critère avant d’être confrontées à un audit.

Ce qu'il faut retenir

Je vous rassure, aucun de ces six défauts ne demande de refaire tout un site. La plupart peuvent être corrigés assez rapidement, à condition de s'en rentre compte et de faire les bons choix.

Un contraste peut s’ajuster avec une ligne de CSS, mais encore faut-il trouver une couleur qui reste cohérente avec la charte. Même chose pour un intitulé de lien qui doit être compréhensible hors contexte sans devenir lourd, ou un lien d’évitement qui ne sert à rien s’il renvoie au mauvais endroit.

Je vous partage quand même quelques chiffres assez parlants. En France, l’Observatoire de l’accessibilité numérique de la DINUM relève en moyenne environ 34 erreurs sur la seule page d’accueil des 37 000 sites publics analysés². Sur les 244 démarches administratives essentielles étudiées par la Cour des comptes, seules 16 sont totalement conformes au RGAA, soit 6,6 %⁴.

Et si vous pensez que votre site s’en sort plutôt bien, essayez simplement de naviguer cinq minutes sans votre souris. On en reparle après.

Au passage, si cet article vous a donné envie de savoir où en est votre site côté accessibilité, on peut se faire un petit point ensemble. Écrivez-nous.


Sources:

  1. Rapport WebAIM Million 2026 sur l'état de l'accessibilité des pages d'accueil les plus visitées au monde : webaim.org/projects/million

  2. Observatoire de l'accessibilité numérique, DINUM, données sur 37 000 sites publics français : data.gouv.fr/datasets/observatoire-de-laccessibilite-numerique-rgaa

  3. Temesis, cabinet d'expertise en accessibilité numérique, « Le mythe du taux de 75 % de conformité au RGAA » : temesis.com/blog/le-mythe-du-taux-de-75-de-conformite-au-rgaa

  4. Rapport de la Cour des comptes sur l'accessibilité numérique des services publics, juin 2026

Défaut n°1 : le contraste qui sacrifie la lisibilité au style

C'est le défaut le plus répandu au monde, 83,9 % des pages ont un contraste de texte insuffisant, en hausse par rapport à l'année précédente¹. Le RGAA exige un ratio de 4,5:1 pour le texte courant. En dessous, le texte devient difficile à lire pour une personne malvoyante et franchement pénible pour tout le monde en plein soleil ou sur un écran mal calibré.

On en parlait déjà dans notre premier article sur l’accessibilité web : le gris clair sur fond blanc est une tendance de maquette, pas une bonne pratique. Ce chiffre le confirme à grande échelle.

Mon conseil UI : On assombrit un gris de quelques nuances, on éclaircit un fond, et souvent personne ne remarque la différence visuellement... sauf que le site devient lisible pour beaucoup plus de monde.

Défaut n°2 : les liens qui ne disent rien

46,3 % des pages contiennent des liens vides ou dépourvus d'intitulé compréhensible¹. Un lien dont l'intitulé ne permet pas de deviner où il mène, par exemple avec des liens classiques comme :

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De base ce genre d'intitulé pose déjà un souci, même sans naviguer au lecteur d'écran. Dès que le lien est sorti de son contexte immédiat (repris dans un résumé, une liste, un aperçu de recherche), personne ne sait vraiment où il mène. Pour une personne qui utilise un lecteur d'écran, le problème est juste amplifié, beaucoup naviguent de lien en lien via une liste dédiée, complètement détachée du texte autour. Une page pleine de « cliquez ici » devient alors une liste de portes sans étiquette qui est compliqué à trier.

Mon conseil : un test simple à faire avant un audit, c'est d'extraire tous les intitulés des liens d'une page et de les lire d'affilée, sans le reste du texte. Si vous ne pouvez pas deviner où mène chaque lien juste avec son intitulé, ce n'est pas accessible. Et en général, ce test révèle aussi un problème d'UX pur : même un utilisateur qui voit très bien scanne une page de la même façon, sans tout lire.

Défaut n°3 : des formulaires sans étiquette

51 % des pages ont au moins un champ de formulaire sans label associé¹. Un champ peut pourtant sembler parfaitement clair à l’écran, avec son intitulé juste au-dessus ou à côté. Si les deux ne sont pas correctement associés dans le code, un lecteur d’écran annoncera simplement « champ de texte », sans indiquer ce qu’il faut y renseigner. Pour une personne qui remplit le formulaire au clavier et avec un lecteur d’écran, ça devient vite compliqué.

Ce qu'on voit en audit : ce défaut touche autant les formulaires bâclés que les formulaires visuellement très soignés, parce qu'il ne se voit jamais à l'écran seulement dans le code source. Un designer ou un chef de projet peut valider une maquette impeccable sans jamais se rendre compte que le lien entre l'étiquette et le champ n'existe pas techniquement. C'est typiquement le genre de défaut qu'un audit fait remonter, quel que soit le niveau de finition apparent du site.

Défaut n°4 : des pages sans squelette

Un cabinet d'expertise français en accessibilité, Temesis, a documenté les mêmes défauts qui reviennent systématiquement sur les sites audités, même ceux qui affichent un bon taux de conformité apparent. L’absence d'éléments structurants comme les zones d'en-tête, de contenu principal ou de pied de page et l'absence d'identification claire de ces zones pour les technologies d'assistance.

Une page peut avoir une apparence parfaitement structurée tout en étant mal structurée dans son code. Les titres peuvent avoir été choisis uniquement pour leur apparence visuelle (ça arrive encore bien trop souvent !), sans respecter la hiérarchie du contenu. Les grandes zones de la page (navigation, contenu principal, pied de page, etc.) peuvent également ne pas être correctement identifiées pour les technologies d'assistance.

Ce défaut est bien sûr totalement invisible à l'écran, sinon ça serait trop simple. Votre site peut donc être magnifique, mais complètement dépourvu de squelette en dessous.

Mon conseil UI : une hiérarchie de titres, ce n'est pas une question de taille de police, c'est une question de logique de contenu. Le titre H2 sert à dire « ceci est une sous-partie de la section au-dessus », pas « ce texte doit être un peu plus gros que le paragraphe ». Si votre grille de styles et votre structure sémantique sont pensées séparément, vous allez droit vers ce défaut.

Défaut n°5 : des images qui ne disent pas ce qu'elles montrent

53,1 % des pages ont des images porteuses d'information sans alternative textuelle¹. Une infographie, un graphique, un logo cliquable sans description : autant de contenus totalement invisibles pour un utilisateur de lecteur d'écran. Le défaut symétrique existe aussi, et Temesis le retrouve tout aussi souvent en audit : des images purement décoratives (un logo dans l'en-tête, une icône), présentes mais mal neutralisées, qui se retrouvent lues à voix haute pour rien et polluent la navigation³.

Ce que la statistique ne capture pas, c'est la qualité de l'alternative quand elle existe. Un alt="image" passe le test technique haut la main... et n'apporte strictement rien à qui l'entend.

Mon conseil : décrivez l’information apportée par l’image, pas l’image elle-même. alt="graphique" ne sert à rien ; si le graphique montre une hausse de 30 % des ventes, c’est cette information qui compte. Et si l’image est purement décorative, elle n’a tout simplement pas besoin d’être annoncée.

Défaut n°6 : pas de raccourci pour sauter la navigation

Seulement 17,1 % des pages dans le monde ont un lien d'évitement et, parmi elles, une sur dix en a un qui ne fonctionne pas¹. Ce lien, généralement invisible, apparaît lorsqu’on navigue au clavier avec la touche Tab. Il permet d’aller directement au contenu principal sans avoir à parcourir tout le menu à chaque nouvelle page.

Bonne nouvelle, c’est plutôt simple à corriger : quelques lignes de HTML peuvent suffire pour l’ensemble du site.

Ce qu’on voit en audit : avant ma certification, je ne savais même pas que ce lien existait, encore moins qu’il faisait partie des critères du RGAA (et je suis loin d’être le seul). C’est un défaut qu’on retrouve souvent simplement parce que peu de personnes connaissent ce critère avant d’être confrontées à un audit.

Ce qu'il faut retenir

Je vous rassure, aucun de ces six défauts ne demande de refaire tout un site. La plupart peuvent être corrigés assez rapidement, à condition de s'en rentre compte et de faire les bons choix.

Un contraste peut s’ajuster avec une ligne de CSS, mais encore faut-il trouver une couleur qui reste cohérente avec la charte. Même chose pour un intitulé de lien qui doit être compréhensible hors contexte sans devenir lourd, ou un lien d’évitement qui ne sert à rien s’il renvoie au mauvais endroit.

Je vous partage quand même quelques chiffres assez parlants. En France, l’Observatoire de l’accessibilité numérique de la DINUM relève en moyenne environ 34 erreurs sur la seule page d’accueil des 37 000 sites publics analysés². Sur les 244 démarches administratives essentielles étudiées par la Cour des comptes, seules 16 sont totalement conformes au RGAA, soit 6,6 %⁴.

Et si vous pensez que votre site s’en sort plutôt bien, essayez simplement de naviguer cinq minutes sans votre souris. On en reparle après.

Au passage, si cet article vous a donné envie de savoir où en est votre site côté accessibilité, on peut se faire un petit point ensemble. Écrivez-nous.


Sources:

  1. Rapport WebAIM Million 2026 sur l'état de l'accessibilité des pages d'accueil les plus visitées au monde : webaim.org/projects/million

  2. Observatoire de l'accessibilité numérique, DINUM, données sur 37 000 sites publics français : data.gouv.fr/datasets/observatoire-de-laccessibilite-numerique-rgaa

  3. Temesis, cabinet d'expertise en accessibilité numérique, « Le mythe du taux de 75 % de conformité au RGAA » : temesis.com/blog/le-mythe-du-taux-de-75-de-conformite-au-rgaa

  4. Rapport de la Cour des comptes sur l'accessibilité numérique des services publics, juin 2026

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© 2026 Joynt. Tous droits réservés.

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